Mardi 6 avril 2010
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Autant prévenir tout de suite, ce qui suit est politiquement incorrect.
J'étais dans le Nord (de la France) pour assister à la "convention refondatrice du 1% logement". ça, c'est dit pour les technos. En français, cela signifie
que le gouvernement a attaqué la diligence. L'argent des salariés, collecté par les entreprises, est totalement détourné de son objectif qui est de permettre aux salariés de se loger soit par
l'accession à la propriété, soit par le logement social. Il est, pour l'essentiel maintenant, consacré à la rénovation urbaine en lieu et place du produit des impôts. Mais j'y reviendrai
certainement.
Entre Lille et Roubaix, entre deux réunions, j'ai fait un peu de tourisme. Je vous épargne les corons, le plat pays, l'uniformité... L'accent, nous qui n'en avons
pas ! Je retiens une région fière de son passé, des gens fiers de ce qu'ils sont et pas seulement en paroles mais aussi en s'attachant à faire revivre les vestiges d'un passé industriel.
Ainsi, la convention avait lieu dans une ancienne filature reconvertie en palais des congrès qui montre ce qu'était le travail en usine. Là, c'est une ancienne
piscine municipale créée avant tout au début du siècle dernier pour permettre à tous de se laver et donc de repousser les maladies et qui est reconvertie en lieu de culture national. Ailleurs,
c'est un architecte qui commente son étude sur les "cathédrales industrielles".
Bien sur,pour se déplacer, il existe un métro, des bus et des lignes de tramway. Bien sur, les centre-villes sont animés (entre deux averses) et on peut manger à
toutes heures. Tiens justement, parlons-en. Petit dialogue dans le vieux-Lille :
"Nous sommes cinq, nous pouvons dîner ?
Pourquoi posez vous la question ?
Parce qu'il est 22 heures 30.
Ben, je suis un restaurant, je reçois tant qu'il y a des clients".
C'était une confirmation de plus que nous n'étions plus à Toulon. A la tribune de la convention, une scène étonnante. Le maire socialiste de Roubaix, tout en
rondeurs et en énergie, se montre un très fin connaisseur des questions du logement. Sans notes, il donne un point de vue éclairé. Tiens, il y a donc des "grands" maires qui bossent. Il est suivi
par le ministre Daubresse, maire d'une commune de la communauté urbaine de Lille et président du groupe d'opposition de ladite communauté. Et il dit combien le maire de Roubaix est indispensable
pour mener à bien des projets structurants pour leurs territoire.
Non, je ne rève pas, je ne suis toujours pas rentré à Toulon. En même temps que j'entends les discours, se superposent les images de M. Masson imitant Aldo
Maccione, de M. Falco répétant qu'il gagne les élections même lorsqu'il les perd et de tous ces élus confits dans leur suffisance.
Rassurez-vous, c'est mieux chez nous que chez eux. Mais d'aucuns gagneraient à aller voir ce qui se fait ailleurs pour tirer des leçons d'intéret général.
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