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Mercredi 4 juillet 2007

Depuis dimanche, des chercheurs en sciences humaines venus du monde entier sont réunis à Marseille, à l'hôtel de Région, pour travailler sur les questions sociales liées au virus du SIDA. J'y revriendrai car ces questions sont éminement politiques.

J'ai eu le grand privilège de prononcer le discours d'ouverture de cette conférence, je vous en livre des extraits :

Je suis très heureux et très honoré d’accueillir aujourd’hui la conférence AIDS IMPACT en notre Hôtel de Région.

Ces conférences internationales sont organisées tous les 2 ans dans une nouvelle capitale mondiale, et nous sommes très fiers d’avoir été choisis comme l’ont été avant nous Le Cap, Milan, Ottawa, Melbourne ou encore Amsterdam.

Ceci témoigne de la qualité des scientifiques désignés dans le comité d’organisation, de la renommée des laboratoires de recherche de notre région et de l’engagement éprouvé de notre Région pour la solidarité et la générosité. Nous sommes donc très heureux d’avoir été jugés digne de cette marque d’estime qui récompense les efforts que nous poursuivons dans un grand nombre de secteurs, en particulier dans celui de la recherche et dans celui de la santé.

 

Devant l’ampleur de ce désastre humanitaire que constitue le sida, rappelons les 39 millions et demi de personnes vivant avec le VIH, les 2,9 millions de morts par an, rappelons que notre région figure parmi les 4 régions françaises les plus touchées, nous devons rassembler toutes nos forces, qu’elles viennent du milieu de la recherche, du milieu associatif, du milieu médical et paramédical, de la société civile pour combattre sans relâche cette épidémie et tenter de permettre à ceux qui en souffrent de vivre dans les meilleures  conditions possibles.

 

Le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur a fait de la prévention du Sida et des maladies sexuellement transmissibles l’une de ses priorités.

 

A ce titre, l’association « AIDES » compte parmi les tous premiers partenaires de notre Région, ce qui est naturel au regard de l’extrême qualité de ses interventions.

 

Nous soutenons d’autre part le Centre Régional de Documentation, d’Information et d’Action de Prévention sur le Sida (CRIPS), qui est un centre de ressources extrêmement précieux en matière de fournitures de données dans les domaines de la prévention et de l’éducation sanitaire relatives au Sida.

 

Le Conseil régional a volontairement choisi de s’impliquer en faveur de la prévention et de l’éducation à la santé et il continuera car il ne saurait en aucun cas être question de relâcher la vigilance dans les comportements de prévention. L’épidémie ne faiblit pas et les avancées thérapeutiques, si elles représentent un progrès indéniable pour les malades, ne permettent pas d’enrayer sa propagation.

 

Nous ne négligeons cependant pas les améliorations qui ont été permises par les progrès de la science.

 

C’est la raison pour laquelle nous soutenons les efforts engagés par les chercheurs en équipant des laboratoires, en facilitant des coopérations et des échanges, en favorisant la progression des connaissances grâce à des dispositifs financiers qui sont maintenant bien connus de la communauté scientifique de notre région.

 

Une réflexion générale sur les enjeux en matière de recherche et de développement régional a d’ailleurs  été engagée en 2006 avec les acteurs des mondes scientifiques, universitaires, associatifs, de la société civile qui se sont réunis et ont dressé un diagnostic et des propositions.

 

Ils ont ainsi identifié  plusieurs enjeux stratégiques sur lesquels la Région devra faire porter son effort dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche et progresser ainsi dans l’aide qu’elle accorde en faveur de l’amélioration des connaissances. Parmi ces enjeux, il est ressorti que la Région est le niveau privilégié pour favoriser les actions de  mutualisation et de décloisonnement et pour privilégier les rapprochements entre différentes disciplines comme nous le faisons aujourd’hui en évoquant la Santé et la Recherche, la recherche biologique fondamentale sur le Sida et les aspects psycho-sociologiques de l’infection.

 

C’est en effet, grâce au développement, par Jean Paul Moatti, des sciences économiques appliquées au secteur de la santé, ces toutes dernières années, que les enjeux des sciences humaines et sociales ont été reconnus et pris en considération.

 

Ces enjeux, comme nous l’entendrons tout au long des conférences des 4 prochains jours, sont prépondérants dans le VIH. Leur importance est liée aux caractéristiques mêmes de l’infection. L’épidémie comporte des dimensions sociales, psychologiques, économiques et culturelles majeures.

 

Je voudrais souligner un dernier volet qu’aborderont ces conférences et auquel nous sommes très attachés : il s’agit des relations avec les pays du Sud.

 

Apporter les soins et les traitements à tous ceux qui en ont besoin est une priorité pour les pays du Sud. Plusieurs équipes, en France et dans le monde, analysent les programmes qui se mettent en place, aussi bien au plan économique, que social et comportemental.

 

En effet, si l’on veut se rapprocher de l’objectif de l’accès universel au traitement et à la prévention d’ici 2010, objectif unanimement adopté par la communauté internationale, il faudra dépasser des obstacles majeurs. Ces obstacles ne sont pas biomédicaux mais plutôt économiques, culturels, sociaux ou liés aux insuffisances des systèmes de santé existants.

 

Ces questions ont été développées, ici même à Marseille au mois de mars dans le cadre de la Première Convention Internationale pour une approche territoriale du développement au cours d’ateliers de travail organisés autour des thèmes « structures de santé et services sociaux » et « alimentation, nutrition et pauvreté ».

Le rôle des collectivités régionales et locales a été longuement envisagé et débattu et est apparu comme celui d’un acteur déterminant du développement dans ses différentes dimensions économique, sociale et environnementale. L’approche territoriale du développement est en effet fondée sur la notion d’intérêt partagé et d’implication de la société civile en privilégiant les valeurs de solidarité, de démocratie, de respect de l’autre.

 

Le SIDA ne connaît pas de frontière, la lutte contre le SIDA ne doit pas en connaître non plus. Pour cela, et pour beaucoup d’autres problèmes, il est nécessaire de trouver un nouvel ordre mondial, de mettre en place une mondialisation sociale, de cesser de ne raisonner qu’en terme de Produit Intérieur Brut (PIB) et plutôt en terme d’Indice de développement Humain (IDH).

 

Je remercie donc tous ceux, présents cet après midi  ou empêchés, qui ont mis sur pied cette conférence internationale. Je remercie les membres du comité d’honneur, ceux du comité international, ceux du comité scientifique et ceux du comité local d’organisation qui ont travaillé à cette organisation d’envergure et je souhaite que les échanges que vous aurez pendant ces 4 journées soient très fructueux.

par Joël Canapa commentaires (0)   
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