Jeudi 13 septembre 2007
Un Champ d’intervention atypique pour le conseil régional de Paca
La collectivité accompagne les actions de prévention des communes et crée des partenariats avec la
justice.
La région, nouvel acteur de la sécurité urbaine ? A entendre Joël Canapa, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), délégué à la santé, la
solidarité, la sécurité et la prévention de la délinquance, la question ne paraît pas si incongrue : « La région n’ayant pas de compétences dans ce domaine, son positionnement ne va pas
forcément de soi sur un sujet aussi sensible et aussi complexe, confie-t-il. Nous avons donc décidé d’orienter notre intervention à partir de nos prérogatives et d’inscrire notre démarche au sein
des politiques publiques existantes, en recherchant systématiquement un cadre contractuel. »
Participation active
Créée en 1999, la commission sécurité du conseil régional s’est d’ailleurs imposée avec succès auprès des partenaires traditionnels de la sécurité locale.
Premier axe d’intervention :
La politique d’accompagnement des communes. « La présence de la région dans les conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) est
appréciée avant tout pour la capacité d’accompagnement et d’ingénierie de la collectivité », souligne Pascale Martinetto, chargée de mission auprès de Joël Canapa. Et de citer « une
participation active dans le suivie des actions engagées dans différentes communes ou intercommunalités, comme l’errance des jeunes, la prévention de la récidive, ou l’accès au droit. Sur ce
dernier point, la collaboration du conseil régional à été particulièrement fructueuse, avec l’ouverture ou le renforcement d’une dizaine de maisons de justice et du droit sur l’ensemble du
territoire et la création de 85 points d’accès au droit dans le seul département des Bouches-du-Rhône. Parallèlement, un partenariat a été mis en place avec l’administration pénitentiaire –
ouverture de chantiers de débroussaillage – et la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Un accord passé entre la PJJ et la région a permis de former près de 600 jeunes. La collectivité
participe ainsi à une politique de sécurité plus large en exerçant une responsabilité et une compétence qui lui sont propres. Au-delà du plan régional de mise en sécurité
« immobilière » des lycées et des centres de formation d’apprentis (CFA), le conseil régional a également développé des actions de prévention recouvrant l’accompagnement de collégiens
posant le plus de difficultés (dispositif relais, prévention des conduites à risques, etc.).
Réseau de mineurs isolés
Autre champ d’action :
La lutte contre les violences dans le sport. Un dispositif expérimental a ainsi vu le jour dans le Var et concerne la première division du district. « Il s’agit
d’accompagner les club de foot, y compris les associations de supporters et de former les dirigeants à la prévention et à la gestion des conflits », précise Joël Canapa. A cet effet, 10
médiateurs ont été recrutés pour 28 clubs et ont permis de « diviser par trois le nombre d’incivilités en moins de deux ans ».
Enfin, chantier toujours en cours, le conseil régional à constitué, en 2002, un réseau euro-méditerranéen des mineurs isolés (REMI). L’objectif est de créer, avec
les pays d’accueil (rive nord de la Méditerranée), d’origine et/ou de transit (Afrique du Nord et pays de l’Est), un dispositif commun de protection et de prise en charge des enfants isolés ou
errants. Un projet ambitieux qui mériterait sans aucun doute un traitement d’envergure nationale.
Témoignage de Pascale Martinetto, chargée de mission sécurité à la
région
Une plus-value locale
« En matière de prévention et de sécurité, la plus value régionale a été, certes, financière, mais s’est surtout traduite par une amélioration des partenariats, que ce soit avec la justice ou avec les communes. La présence de la région a permis à la justice de faire le lien entre des partenaires issus d’une même administration, mais qui se parlaient peu, et de rendre ainsi plus cohérents les montages financiers avec les opérateurs. Pour les communes, c’est l’apport en matière d’ingénierie qui a été le plus apprécié, étant donné le manque d’étayage des équipes opérationnelles chargées des conseils locaux de sécurité : difficultés à prendre la mesure du poste, à gérer les rapports avec le maire, à bâtir des relations partenariales et constructives avec l’Etat (justice et police). La région leur a permis de se faire entendre. »
Une plus-value locale
« En matière de prévention et de sécurité, la plus value régionale a été, certes, financière, mais s’est surtout traduite par une amélioration des partenariats, que ce soit avec la justice ou avec les communes. La présence de la région a permis à la justice de faire le lien entre des partenaires issus d’une même administration, mais qui se parlaient peu, et de rendre ainsi plus cohérents les montages financiers avec les opérateurs. Pour les communes, c’est l’apport en matière d’ingénierie qui a été le plus apprécié, étant donné le manque d’étayage des équipes opérationnelles chargées des conseils locaux de sécurité : difficultés à prendre la mesure du poste, à gérer les rapports avec le maire, à bâtir des relations partenariales et constructives avec l’Etat (justice et police). La région leur a permis de se faire entendre. »

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