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Les Galeries...

Vendredi 7 décembre 2007
Le président de la république invente le débat autour d'une question qui n'est pas posée : la repentance. Ce serait présenter les excuses de l'Etat français pour les années de colonisation de l'afrique du nord et particulièrement de l'Algérie. Beau débat, tout en finesse on s'en doute , sauf que personne ne le demande. A l'exception de quelques excités algériens qui se servent d'un tel sujet à vocation de politique intérieure.

Je suis allé en Algérie, j'ai rencontré les dirigeants, les acteurs politiques et associatifs. Ils sont assoiffés de rapports normalisés avec la France et le prouvent à travers des échanges énomiques, culturels et sportifs.


Le peuple algérien est jeune. Ils ont vingt ans et n'ont pas connu la période de la colonisation. Ils ne s'y intéressent pas. Ils ont, en revanche, une conscience aigüe d'appartenir à la méditerranée.

Le siècle et demi de présence française mérite mieux qu'un mot qui serait repentance ou bienfaits. C'est une histoire humaine, toute en constrastes, en nuances et, bien sûr, en excès.

Les alsaciens lorrains qui voulurent rester français après la guerre de 1870, les italiens qui voulaient échapper à la misère puis à Mussolini, les espagnols qui cherchaient à survivre puis à fuir les persécutions franquistes, les grecs qui péchaient le corail et qui se sont fixés autour des îles de la Galite étaient-ils tous des brutes assoiffées d'exploitation ? A l'évidence, non. Les migrations à travers les siècles sont toutes le résultat de la misère, de la famine.

Bien sûr, les colons ont existé possédant d'immenses propriétés et exploitant sans vergogne la main d'oeuvre indigène. Mais ils étaient infiniment minoritaires. Le peuple était composé de petites gens qui s'était forgé une identité française. Et nous devons les respecter.

Venant d'une famille de pieds noirs et de corses, mon père ayant été mobilisé deux ans pendant la guerre d'Algérie, je me sens le devoir de donner mon point de vue. Il est normal que les peuples accèdent à l'indépendance mais la France aurait dû faire en sorte que tous puissent vivre en harmonie sur la terre commune.

Alors, je commémore le 19 mars avec la FNACA parce que c'est la date du cessez le feu et je suis présent aussi le 5 décembre parce que je comprends ceux qui ne veulent pas que soient oubliés les massacres qui se sont poursuivis. Je ne veux rien oublier, rien occulter, pas non plus les morts du métro Charrone.

La mémoire, pour être utile, ne doit pas être sélective. N'écrivons pas l'histoire mais facilitons le travail d'historiens pour donner son ampleur à cette partie de l'histoire de France.

A La Garde, ce cinq décembre, j'ai publiquement été pris à partie par un adjoint de M. Masson qui s'étonnait que je fredonne le "chant des africains". Je lui ai rappelé que je suis aussi pied noir que lui et que ce chant était entonné par mon grand père et mon beau père lorsqu'ils durent servir la France. Pour moi, ce n'est pas le chant de l'OAS.

Nous sommes des enfants de la méditerranée. C'est notre bassin de vie, de culture, de développement économique et de paix. C'est aussi l'épicentre de notre histoire.

Si nous voulons aider l'Algérie, le mieux est de ne rien radicaliser. Rompre le dialogue, c'est donner de la force aux extrémistes de là-bas. Je ne le veux pas.

Le chemin sera encore long pour arriver à des rapports apaisés et nous devons être tenaces. Cent trente ans d'histoire commune !

par Joël Canapa commentaires (0)   
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