Les 22 et 23 août, un grand cirque était organisé pour commémorer
la libération de notre ville. 25 véhicules d'époques, 70 figurants, un camp reconstitué au jardin Veyret. Des faux soldats américains qui distribuaient des chewing gum... Comme si ce n'était pas
des français qui avaient libéré La Garde.
Deux jours pendant lesquels nous avons fleuri les plaques de rues et stèles de la commune...
Je suis toujours présent aux manifestations patriotiques depuis longtemps et dans bien des communes et j'entends qu'on les respecte. Là, j'avais l'impression qu'un show était organisé, un grand
spectacle qui avait vocation de distraire.
Le clou furent les discours au monument aux morts. Jean Pierre Haslin, dans son discours, ne dit rien mais le fit rapidement. Jean Pierre Giran donna... des nouvelles de la santé de J.L Masson
mais m'appela pour saluer les drapeaux, ce que M. Pastor n'avait pas fait.
Les soldats de la 1ère Division Française Libre (DFL) ont libéré La Garde, les vétérans n'étaient pas là, il faut dire que la commune refuse de leur verser une subvention qui permettrait à
l'association de survivre. Et pourtant, ces hommes furent les héros d'une épopée extraordinaire. Unissant toutes les couleurs, les religions et les origines, ils se sont illustrés depuis
l'Afrique jusque sur le Rhin. C'était une époque où les papiers n'étaient pas demandé aux étrangers quand ils avaient du courage et la fibre patriotique.
Mais la libération de la France, ce sont aussi les résistants qui peu après (certains même avant) l'appel du Général de Gaulle ont choisi de combattre l'ennemi avec le peu
d'armes dont ils disposaient. Mon grand-père était de ceux-là.
Ce que j'aime dans ces cérémonies, c'est qu'elles soient denses, ramassées. On défile, on se rassemble devant le monument aux morts, on écoute des discours. Ceux-ci doivent retracer l'histoire
mais aussi traiter de fascisme, d'intélorance, exalter l'ouveture sur les autres, donner envie à chacun de tout faire pour que tout cela n'arrive jamais. On peut me trouver dur à l'égard de cette
commémoration mais j'ai fait mes classes d'élu avec Maurice Delplace et lui, il na jamais confondu les paillettes et le devoir de mémoire. C'était son éthique et c'est la mienne.
Donner du sens. Et surtout ne pas se mettre en vedette, s'effacer devant les morts, les blessés et les survivants...
par Joël Canapa
1
publié dans :
Articles
Pas comme l'armistice de 1918. C'est pour ça que je ne me suis pas déplacé le 11 novembre. Même s'il m'a été rapporté que le discours était de qualité. Le 11 novembre, c'est pas le carnaval. Un des derniers poilus a clairement dit ce qu'il en pensait et refuse d'être inhumé au Panthéon ou aux côtés du soldat inconnu, qui est déjà là pour ça. J'ai moi-même porté les vêtements d'un poilu pour un spectacle son et lumière lorsque j'étais EOR à l'école d'artillerie de Draguignan. Mais c'était le 4 décembre, pour la Sainte-Barbe. Faut pas tout mélanger.