On apparente volontiers la politique de Nicolas Sarkozy à une volonté de rechercher les couvertures
médiatiques au détriment d'actions de fond. Les dernières semaines accréditent cette impression.
Toutefois lorsqu'on met en perspective ses dernières déclarations, on discerne une volonté qui glace.
Utilisant le drame de Lille qui traite de la récidive en matière de pédophilie, il annonce qu'un collège de psychiatre devra se prononcer sur la libération d'un condamné qui a purgé sa peine.
Tout récemment, il remet en cause un des fondements de notre législation qui permet de déclarer un individu irresponsable de ses actes.
Ce qui signifie qu'il reviendrait au politique de dire ce qui relève de la médecine, et de la psychiatrie en particulier, et de la délinquance pure. Ce serait aux parlementaires de définir à quel
moment un acte est réfléchi et à quel moment celui-ci doit relever de la maladie mentale. Ce genre de pratiques est courante dans les régimes les plus totalitaires et j'en suis très inquiet.
Quand est on fou ? Cela ne peut être décidé que par des spécialistes en amont de la condamnation. Laissons chacun faire son métier.
La compassion n'est pas d'un camp. Faire la loi ne peut que relever d'une réflexion globale et procéder de la plus grande hauteur de vue.
En outre, le procédé employé permet de faire oublier la très grande misère qui règne dans les prisons tout autant que dans les hôpitaux psychiatrique. Soustraire un individu à la société ne peut
avoir des effets rédempeurs en soi, il faut rajouter des soins, de la pédagogie, bref faire en sorte que l'enfermement soit utilisé pour modifier en profondeur les comportements du déviant.
Il faut une volonté politique et des moyens. Visiblement, il n'existe ni l'un ni l'autre.
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