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Vendredi 18 avril 2008

Les hommages affluent et ne manqueront pas de souligner quel homme exceptionnel il était. Poète, savant, homme éclairé, chantre de la négritude. Mais aussi grand résistant et homme politique. Durant de longues années, il a été maire de Fort de France et député durant près d'un demi siècle d'abord communiste puis socialiste.

Il était de ces vrais humanistes qui considérait que toutes les injustices, les discriminations, les servitudes à travers le monde le concernait. Avec son ami Senghor, il avait inventé le concept de négritude qui voulait réhabiliter la culture, la singularité et la place dans l'histoire du monde des africains et des afro-antillais. Bien loin du discours de Dakar de Nicolas Sarkozy ! Je ne sais plus si c'était lui ou Senghor qui, l'orsqu'on évoquait parlant d'un noir, un "homme de couleur" répondait "pourquoi dites vous cela, le blanc n'est pas une couleur ?". La vie de cette homme est une grande leçon. Pour qu'il ne meure pas tout à fait, inspirons nous de lui.

Je laisse la plume à Chantal Blondel qui a écrit un très beau billet.

Si tu ne sais pas où tu vas, rappelle toi, d’où tu viens !

Aimé Césaire

Aimé Césaire

« papa Aimé » nous a quittés …

Nous avons, perdu un grand homme, un homme aussi humble qu'exemplaire par sa profonde humanité, un magnifique éveilleur de conscience... A 94 ans, il a jusqu'au bout répondu présent lorsqu’il s’agissait de se dresser contre les injustices. Il a créé avec son ami sénégalais Senghor et Damas, le concept universel de négritude ; une vision du monde et une certaine manière concrète de vivre ce monde…

J’ai eu la chance de le rencontrer dans le vaste bureau laissé à sa disposition dans l'ancienne mairie de Fort de France. Il m’a donnée les clés pour créer en 2000 ici à Toulon, ville « occupée », un forum sur la négritude…

Je me rappelle de ses mots, de sa poésie, je lui avais posé la question suivante : Que dites vous aux Martiniquais qui viennent solliciter vos conseils :

Qui suis-je ? Un nègre martiniquais. Que dois-je faire ? Me considérer homme digne de ce nom. Que m'est il permis d'espérer ? Le développement de l'homme, la solidarité, l'humanité. Et si demain, les Martiniquais doivent garder un souvenir de moi, je souhaite que ce soit celui d'un homme qui les aimait et, avant toute chose, se sentait membre de leur communauté. Ce style si particulier, vous le reconnaissez ?

La Martinique est en deuil, moi aussi. Aimé Césaire, était un militant pour la dignité de l’homme noir, ne l’oubliez jamais !

Foss.

Chantal Blondel

par Joël Canapa commentaires (3)   
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