"Notre terre brûle et nous regardons ailleurs", cette phrase, c'est Jacques Chirac qui l'a prononcée
lors du sommet de la terre à Johannesbourg. Il évoquait les problèmes environnementaux qui ne sont pas traités par les pays.
Lorsque j'arrive à regarder les infos, je suis assailli par les images des émeutes de la faim à travers le monde. La famine s'étend, provoque
des ravages. Dominique Strauss Kahn, directeur du FMI, prévoit des centaines de milliers de morts et des millions d'enfants victimes de malnutrition.
Non, ce n'est pas le scénario d'un film catastrophe, c'est la triste réalité du monde d'aujourd'hui. Cette info est vite remplacée par des
histoires de flamme olympique, de supporters abrutis ou par les marques des montres du président.
On regarde en face ou ailleurs, cela ne change rien aux problèmes. Demain, d'immenses vagues de migrations vont déferler jusque sur l'Europe,
des vagues poussées par la famine et le manque d'eau.
Et si nous réagissions avant ? Et si nous nous sentions concernés par ce qui se passe à des milliers de kilomètres, parce que cette terre,
c'est chez nous ? Parce que ce qui va mal ailleurs finira immanquablement par nous toucher.
Nous devons mettre en cause cette mondialisation capitaliste qui ne recherche que le profit en négligeant toutes obligations sociales. Avant de
vouloir tout changer, nous devons mettre des règles : instaurer des minimas salariaux pays par pays, ajouter une clause d'obligations démocratiques et sociales à nos échanges internationaux et à
notre politique étrangère, ne plus laisser le marché dicter ses obligations mais plutôt prendre les besoins des populations comme base de quotas et de types de productions.
Les nombreux outils internationaux existant, réorientés, peuvent y concourrir. A condition d'en avoir la volonté politique. Pour
l'avoir, nous devons regarder l'incendie bien en face et avoir la volonté de le combattre.
Une gauche de progrès, une gauche de projet doit travailler d'arrache pied à bâtir cette politique alternative, indispensable à l'humanité.
Vous me trouvez pompeux ? je crois qu'il s'agit là simplement de notre devoir d'êtres humains.
par Joël Canapa
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