Jeudi 30 octobre 2008
4
30
/10
/Oct
/2008
06:00
Elu municipal à La Garde et vice-président de Région, Joël Canapa s’inquiète du futur des collectivités face à la réforme des
institutions.
« La mise à mort des associations »
A l’heure où la crise financière paralyse nombres de foyers, les collectivités territoriales ne sont pas en reste. Entre suppression ou suspension des dotations de l’Etat et réforme des
institutions, l’avenir des territoriaux s’annonce difficile. Et même si la dite crise a tendance à masquer le reste, la situation n’est pas plus rose dans les institutions. Depuis l’annonce de la
réforme, silence radio du côté des politiques ; outre le discours toulonnais du président, ce n’est pas le moment d’évoquer la réforme… Pourtant, pendant que la commission Balladur se réunit, les
bruits de couloirs sont légions. Et loin d’être de bon augure.
Joël Canapa, à la fois élu de l’opposition à La Garde et Vice-président de Région, fait partie de ceux qui s’interrogent, et s’inquiètent d’une telle réforme dans la crise actuelle : « qu’elle soit
nécessaire, pourquoi pas ? Mais pour le moment, on a surtout l’impression que par là, l’Etat souhaite récupérer des départements, des mairies et des régions où la majorité leur fait défaut. Mais
au-delà de ça, ce qui m’interpelle particulièrement c’est cette volonté de clarification et de spécialisation des collectivités territoriales ».
Aujourd’hui, la règle de droit énonce une compétence générale pour toutes les collectivités, entre compétences obligatoires et volontés politiques, à chaque institution de faire la part des choses.
« C’est l’un des principes fondamentaux de nos collectivités. Il s’agit là du respect de la volonté d’une institution. C’est aux élus ensuite de rendre des comptes, notamment à l’occasion des
élections. Mais là, la réforme envisage une spécialisation… »
Une situation que le vice-président de la Région redoute : « par exemple, la Région s’occuperait uniquement des transports, quelqu’ils soient, de la formation, de l’université et des collèges et
lycées au niveau des bâtiments. Et seulement de ça. On parle d’une simplification administrative afin d’éviter les chevauchements dans les compétences. Mais ce n’est pas la solution. Au contraire
».
Quid de la politique volontariste ?
Selon l’élu gardéen, outre le principe même de la compétence générale qui est remis en cause, il s’agit là d’une véritable mise en danger de milliers d’associations, pouvant être amenées à
disparaître : « si demain, les collectivités comme la Région ou le département ne peuvent plus financer ces structures et donc par là même, la santé, la culture, la prévention, etc. …, que vont
devenir ces dernières ? Il est nécessaire de laisser à chacun sa politique volontariste. S’engager sur cette voix s’est engranger une modification radicale de notre constitution sur le système des
Etats-Unis ».
« Il est nécessaire de réfléchir et de prendre son temps, dans la concertation, avant de lancer les premières réformes. L’Etat doit laisser les collectivités s’administrer elle-même. Mais pour
autant rien n’empêche d’envisager des collectivités en tant que chefs de file, afin de clarifier les problèmes de superposition de compétences ». Une solution que Joël Canapa souhaiterait vraiment
étudier, tant l’autre option l’inquiète, notamment dans le climat actuel : « aujourd’hui, dans la situation dans laquelle nous sommes, les collectivités territoriales sont les seuls éléments de
dynamisme économique potentiels ». Pour l’élu, une telle réforme serait bel et bien la mise à mort des structures associatives et de certains secteurs indispensables à notre société.
D.C.
Par Joël Canapa
0
-
Publié dans : Articles
Vos Commentaires