Partager l'article ! Vues de la crise, par Laurent.: Je souhaite vous donner la parole. Votre avis, votre analyse, vos commentaires sur cette crise. Alors, à vos plu ...
Je souhaite vous donner la parole. Votre avis, votre analyse, vos commentaires sur cette crise. Alors, à vos plumes.
P. KRUGMAN, prix Nobel d’économie 2008 mais aussi journaliste au New York Times, avait prévenu, depuis longtemps, des risques que faisaient prendre au monde le « nec plus ultra » des produits financiers des années 2000 : les subprimes. Sauf qu’à l’époque, tous les spécialistes des questions économiques le traitaient de fou, d’antimoderne, d’anticapitaliste Et pourtant… ! La crise financière actuelle qui se mue en une véritable crise économique met en lumière les dysfonctionnements structurels d’une certaine culture, celle du « marché qui s’autorégule ». Car qui dit régulation, dit mise en place d’un corpus de règles de droit. Or, l’idéologie dominante en économie mondiale veut que moins il y a de règles, mieux le marché se porte, mieux il fonctionne ; dont acte… avec de terribles conséquences !!! Il est de tradition de dire que le droit n’est ni juste ni moral ; à cela, on pourrait rajouter la maxime suivante : le capitalisme n’est ni droit, ni juste, ni moral. Qui cela étonne ? Les sociaux libéraux de droite comme de gauche qui, pour sauver le Monde, propose encore des solutions anciennes où l’on va « nationaliser » les pertes et où, quand tout rentrera dans l’ordre, on privatisera les profits futurs ?
Certains diront que la crise met en lumière une évolution - non naturelle- du « capitalisme de papa » (le « bon capitalisme » industriel des PME) vers un « capitalisme financier » déshumanisé ! Pourquoi seulement le nouveau serait déshumanisé ? Pas l’ancien, lorsque les grands patrons envoyaient sans vergogne les gamins au fond des mines, lorsque les ouvriers n’avaient pas de quoi faire valoir leur santé au travail… ? C’était un capitalisme à visage humain à l’époque ??? Le souci est qu’aujourd’hui l’un ne va pas sans l’autre et que les graves difficultés de l’un a des répercussions directes sur l’autre (arrêt des prêts d’investissement, plus de liquidités…). Et c’est à l’Etat que, dans sa tradition première, le capitalisme économique demande d’intervenir pour sauver les emplois et les activités. Ne doit-on pas imaginer, pour l’avenir, des solutions à long terme avec une véritable politique de crédit public au lieu de débourser plus de 400 milliards d’euros pour donner des garanties aux prêts que les banques réaliseront ?
Plus largement, quelle nouvelle gouvernance, quelle relations entre le politique et l’économie ? Depuis la fin des années 80, cette questions se pose : pourquoi le politique n’interviendrait plus sur l’économie ? Le traité de Maastricht qui a quasi constitutionnalisé l’indépendance de la BCE épousait cette voie qu’il faut qu’aujourd’hui revoir absolument : mettons en place un véritable gouvernement politique économique en Europe au moins entre les 15 pays de la zone Euro ; stoppons l’existence des paradis fiscaux au sein même de l’Europe. Sinon, comment continuer d’être crédibles aux yeux des pays du Sud quand on a prôné, avec les Etats-Unis, les privatisations à tout crin, quand on a provoqué les faillites d’Etats et quand on leur demande de « faire le ménage du blanchiment d’argent chez eux » ?
Des réponses et solutions sont à mettre en œuvre rapidement et à trois niveaux : niveau national (relance de la consommation, soutien aux investissements), européen (revoir les objectifs et les méthodes de gouvernance de la BCE) et mondial (revoir les règles du commerce mondial, les normes financières internationales et intégration des objectifs du développement durable). Certes ces propositions peuvent ne pas sembler révolutionnaires aux yeux de certains hommes de gauche qui, depuis quelques décennies attendent la Révolution. Sauf que cette dernière ne s’autodéclarera pas. Et le souci est qu’aujourd’hui certains ne peuvent plus attendre tellement la misère est insupportable ; les classes moyens basses et intermédiaires n’ont plus d’espoir d’accéder à un niveau plus élevé de vie (il n’est pas non plus question pour eux de leur dire : on fait la révolution et on voit !!!) . Bref, il y a un boulevard pour :
Et pourtant la gauche est atone ou inaudible...
Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas dans l’attente du grand soir que l’on redonnera espoir à ceux qui souffrent car pour certains, ça commence à être long !!!!
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