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Mercredi 26 novembre 2008 3 26 /11 /Nov /2008 06:00

L’école publique, laïque, est aujourd’hui une cible récurrente du gouvernement.


Or, les nombreuses réformes imposées hypothèquent l’avenir de nos enfants, avec pour seule ambition la réduction du coût.


En ligne de mire, les suppressions de postes :

La logique comptable du gouvernement se heurte depuis des années à la réalité des professionnels de l’éducation et aux besoins réels du service public, censé permettre à nos enfants de bénéficier d’un apprentissage au plus près de leurs besoins.


L’équation est la suivante : moins de professionnels dans les écoles, des classes de plus en plus chargées, des enseignants de moins en moins spécialisés, tout cela dans le but de diminuer l’échec scolaire. La relation de cause à effet  est incompréhensible, et je suis tout à fait solidaire de la colère des enseignants qui ne sont pas dupes des effets de toutes ces mesures sur leur quotidien et celui de nos enfants.


Le soutien scolaire obligatoire, imposé aux enseignants en remplacement du samedi matin s’est mis en place sans concertation. Faire évoluer le système scolaire sans travailler avec les professionnels est un non-sens, la preuve d’une grande immaturité dans l’approche politique, et la preuve aussi d’un grand mépris vis-à-vis d’une corporation qui devrait pourtant être au cœur des politiques publiques.


La suppression des RASED (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) :

La fermeture des 3000 postes RASED s’organise dans les inspections académiques. Ce sont les personnels spécialisés qui encadrent nos enfants dans les écoles : professeurs des écoles spécialisés, psychologues scolaires, orthophonistes, …bref, tous ceux qui sont censés aider les élèves en difficulté, lutter donc contre l’échec scolaire. Or, ce sont les enseignants, qui n’ont pas reçu la formation appropriée, qui devront à l’avenir prendre en charge ces enfants. Là aussi, c’est l’incompréhension.


L’école maternelle au cœur de la tourmente :

Pour nos enfants, la fréquentation de l’école maternelle est une chance : tous les spécialistes et pédagogues répètent, apparemment sans succès depuis des décennies, que la fréquentation précoce du système scolaire réduit les écarts entre les enfants, et est une lutte sans précédent contre l’échec scolaire.


Malheureusement, on préfère maintenir les enfants hors de ce système, tout en faisant payer aux parents d’autres modes de garde bien plus coûteux, et empêcher nos tout-petits de bénéficier de ce formidable atout qu’est la fréquentation de l’école maternelle, riche et structurante. 


Eh oui, « à la maternelle, on enseigne », « à la maternelle on apprend ». Il n’y a que les cols blancs chargés de mener la politique de sape du gouvernement pour ne pas le savoir.
Je les invite à passer une seule journée dans une classe afin de s’en rendre compte et de revoir leur copie !


Le service minimum : le dernier affront aux enseignants

Une loi, qui attise autant la colère des enseignants que celle des municipalités, c’est une nouveauté face au droit de grève.


De plus, organiser ce service minimum est tout simplement impossible.
Je suis en effet persuadé que la majorité des Maires de France ne sont pas en mesure de répondre aux questions suivantes :

  • Quels employés communaux sont habilités à s’occuper d’enfants, à leur offrir un accueil conforme aux exigences que l’on attend par ailleurs toute l’année de la part des professionnels de l’éducation ?

  • Combien faut-il fermer de services municipaux, et lesquels, les jours où les enfants doivent être accueillis par nos agents ?

  • Comment choisir la liste des personnes qui surveilleront les enfants, établie par le Maire, et cette liste sera-t-elle effectivement visée à temps par les inspections académiques, et pour finir, quels critères seront retenus pour la validation ou pas de ces listes ?

  • Comment va s’appliquer la responsabilité de l’Etat qui se substitue à celle de la commune dans l’exercice de ce service d’accueil ?

Outre les questions de sécurité et d’organisation matérielle, qui signent déjà à mon sens l’abandon de cette mesure, je tiens aussi à ajouter mon étonnement quant aux mesures « punitives » décidées par les tribunaux administratifs à l’encontre des mairies qui ne mettent pas en œuvre ce service minimum.


En effet, en est-il de même lorsque les mairies n’appliquent pas la loi SRU et n’offrent pas les 20% de logements sociaux aux administrés, ou la loi relative au stationnement des gens du voyage ?


Le gouvernement, sourd à toutes les revendications des professionnels, qui défendent pourtant la cause de nos enfants, à travers leurs professions, signe malheureusement chaque jour un peu la fin de notre système scolaire envié dans le monde entier dans sa capacité à œuvrer pour l’égalité des chances.

Par Joël Canapa - Voir les 2 commentaires
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