Le 9 janvier dernier, je recevais. Comme chaque début d'année, en ma qualité d'élu régional, je reçois les forces vives de notre territoire.
Je n'ai pas cédé à la démagogie qui a consisté à annuler, par économie, les cérémonies des voeux. Je n'en ai pas eu besoin puisque, depuis huit ans, je finance la
soirée à titre personnel. Plus de 500 personnes se pressaient à la maison communale Gérard Philipe.
Comme chaque année, c’est devenu une tradition, vous êtes nombreux à vous déplacer pour partager ensemble ce moment de convivialité. Toutefois, permettez-moi de penser que c’est aussi le plaisir de partager un moment de réflexion collective qui vous a poussé à consacrer votre soirée.
Vous êtes les forces vives de La Garde, du Pradet et de l’agglomération Toulonnaise. Elus, syndicalistes, Chefs d’entreprises, membres du conseil économique et social, dirigeants et membres des partis, militants associatifs, citoyens engagés dans la vie de la cité, je voudrais vous souhaiter tous mes vœux de bonheur, de réussite, de courage et de détermination. A vous, mais je voudrais aussi associer vos familles, nos familles. Je sais bien combien les sacrifices sont grands pour la famille de celles et de ceux qui ont choisi la voie de l’engagement.
Cette année, je voudrais donner à ces vœux une tonalité particulière.
Le monde est à la veille de connaître une crise économique qui n’aura pas de commune mesure avec celles qui sont fréquemment évoquées. Cette crise, elle est causée par l’organisation même de notre système économique !
Parce que notre modèle économique est allé trop loin dans le culte de l’argent roi devenu l’argent fou. Parce que tous les mécanismes qui auraient pu réguler l’activité économique ont été supprimés les uns après les autres. Parce que des esprits qui se croyaient éclairés laissent penser depuis des décennies que le capitalisme ne doit être que financier et qu’il est plus rentable de faire monter artificiellement les cours de la bourse que de produire et de faire fonctionner l’économie en donnant du travail, du travail correctement rémunéré à la population.
Cette hystérie financière combinée à la mondialisation des échanges et au dérèglement climatique conduit nos sociétés au chaos. En 2008, nous avons pu voir à la télévision les premières émeutes de la faim. Les déplacements de population aux quatre coins du monde ne cessent de s’amplifier pour fuir la misère, la sécheresse… Je veux citer un ancien directeur du fonds monétaire international qui évoquait la crise. Il disait « nul ne peut en prévoir son ampleur, en revanche, il existe une loi dans l’histoire des économies, une loi qui n’a jamais été démentie. Ce sont toujours les plus pauvres et les plus fragiles qui en subissent les conséquences les plus désastreuses ».
C’est pour cela que je ne veux pas en rester ce soir à des vœux formels.
Je voudrais nous souhaiter d’avoir tous l’énergie de faire bouger la société. Et, bien sûr, je le dis dans le respect des convictions de chacun.
Mais qui peut accepter une société dans laquelle les précaires se comptent par millions ? Qui peut accepter une société dans laquelle on ne peut plus vivre de son travail ? Je veux rappeler ce chiffre terrible : 25% des salariés de notre région vivent avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté. Je veux rester optimiste mais on ne peut que constater une précarisation de la société. J’en veux pour preuve, et je vous invite à vous faire confirmer ces dires par Gérard HOUDAER, président de la banque alimentaire présent ce soir, la mutation intervenue en quelques années en matière d’aide alimentaire. Quand une famille dépendait de l’aide alimentaire de manière ponctuelle il y a quelques années, aujourd’hui, un même ménage dépend de l’aide alimentaire en permanence. Et on peut ajouter à cela, que bien souvent il s’agit de personnes qui ont un emploi.
Cette précarisation est également due à la question fondamentale du logement. Qui peut accepter une société dans laquelle on ne peut se loger ? Dans le Var, notre département, nous pouvons
compter seulement 9% de logements sociaux alors que 70% de la population perçoit des revenus qui leur donneraient droit au logement social ! Combien de provençaux vivent encore dans la
rue ? Malgré les déclarations du candidat Sarkozy qui nous annonçait que s’il était élu, dans les 2 ans plus personne ne vivrait dehors. Qu’en est-il
?
Le gouvernement ne demande toujours pas aux préfets d’imposer aux communes l’application de la loi SRU.
Ce dernier exemple est non seulement indigne pour chaque sans logis et mal-logé, mais également attentatoire à l’économie. 1 logement construit c’est 1,7 emploi dans le secteur du bâtiment. 1
logement construit c’est une personne qui peut rechercher du travail, c’est une entreprise qui arrive à fixer son effectif de salariés.
Des solutions existent, c’est la relance de l’économie par le lancement de grands projets publics ; la construction ou la rénovation de logements sociaux étant un exemple clair de ce qui doit être fait. Le Président du Conseil régional le sait. A tel point que dans le cadre de ses politiques volontaristes la région cherche comment renforcer son aide financière aux réhabilitations de logements sociaux. Dans le cadre de mes fonctions professionnelles de directeur général d’un office public de l’habitat, nous cherchons avec la région de nouveaux moyens d’augmenter les financements dont ont besoin les bailleurs pour réaliser des projets.
En fait, la relance de l’économie, ce n’est rien de plus que le new deal de Roosevelt qui serait mis en œuvre au niveau local...
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