Comme annoncé, une première réunion du comité de pilotage s'est tenue à Marseille le jeudi 14 janvier, je vous en livre un compte rendu synthétique :
Cette réunion s’est tenue sous la présidence de Monsieur Joël CANAPA. Celui-ci a ouvert les travaux au nom du Président Michel Vauzelle et en son nom par un hommage adressé au peuple haïtien qui a fait face depuis plusieurs décennies à des tragédies sociales, climatiques et économiques. La Région Provence- Alpes- Côte d’Azur et la France entretiennent avec le peuple haïtien des relations privilégiées. Beaucoup d’immigrants sont venus en France fuyant la dictature de Duvalier.
Cette réunion a pour objectif premier d’exprimer notre solidarité au peuple haïtien dans ce moment de très grande souffrance. La séance se poursuit par un rappel des différentes interventions du Comité de Solidarité Internationale au cours de ces dix dernières années. La liste de ces interventions est annexée au présent compte-rendu.
Le second objectif de cette réunion est de préparer collectivement un projet d’aide aux victimes du séisme de dimension régionale, comme nous l’avons fait lors du tsunami. Nous n’avons pas pour objectif de nous inscrire dans un effet d’annonce. Il ne s’agit pas pour nous non plus de jouer la surenchère par rapport à la multiplicité des interventions qui émanent aujourd’hui des Etats, des grandes ONG ou des organisations internationales.
Pour élaborer notre projet, nous avons autour de cette table un ensemble de compétences notables.
Parmi ces compétences il convient de signaler :
- la participation des directions des relations internationales de notre région et du département des Bouches-du-Rhône,
- la présence de la Société du Canal de Provence. Cette société est présente en Haïti depuis une trentaine d’années avec des résidents permanents sur son territoire.
- la force opérationnelle dans l’urgence des services départementaux d’incendie de secours des Bouches-du-Rhône, de l’entente interdépartementale et de la Fédération Nationale de la Protection Civile (Section mondiale), de Protection civile sans frontière,
- les savoir –faire des ONG exerçant leur activité dans le domaine de la médecine d’urgence, de l’assistance pharmaceutique et du soutien psychologique notamment,
- la base logistique de dimension régionale mise à la disposition de notre comité grâce au concours précieux des équipes de la Croix Rouge 13,
- les capacités de mobilisation en produits spécifiquement adaptés aux besoins des lendemains de séisme, capacités réparties à travers l’ensemble du tissu associatif solidaire à l’international.
Le Président de séance remercie l’ensemble des participants à cette réunion pour leur capacité à amener à la région toutes ces contributions qui représentent une très grande richesse. Il insiste sur le fait qu’elles témoignent de l’esprit de solidarité des habitants de cette région au profit des plus démunis.
Les associations représentant les populations haïtiennes présentes dans notre région prennent ensuite la parole. Toutes remercient l’institution régionale pour sa réactivité et sa solidarité. Elles expriment ensuite leur profonde détresse face à leur incapacité à obtenir des informations en provenance d’Haïti. Elles ont conscience que l’institution régionale n’est pas la mieux placée pour résoudre ce type de problème et se disent très intéressées par l’intervention de Protection Civile Sans Frontières concernant le module de télécommunication avancée (OMAGE).
Parmi les interventions des représentants de la communauté, il faut signaler l’accent mis sur l’opportunité pour la région de cibler pour plus de lisibilité et au titre des actions à conduire sur le moyen terme, un territoire distinct de la grande agglomération de Port- au- Prince. En effet, il est très probable que cette capitale bénéficiera, de façon privilégiée, de l’assistance internationale. A l’inverse, des zones plus éloignées, plus difficilement accessibles, profiteraient utilement d’un projet ciblé de dimension régionale et durable. D’autres associations très impliquées dans l’action en Haïti depuis de nombreuses années insistent sur l’utilité de privilégier des actions de soutien à l’éducation. Le déficit dans ce domaine était déjà très tragique, le séisme aura fatalement pour effet d’aggraver ce dernier par la destruction des équipements d’accueil. Sur cette question particulière, il est fait état de rencontres organisées par l’association Aide du Petit Frère d’Haïti, qui se dérouleront dès ce dimanche, afin d’évoquer les aspects éducatifs et alimentaires dans le contexte de la catastrophe (500 000 enfants ne sont pas scolarisés à ce jour).
Sur cette question particulière de l’éducation des enfants haïtien, M.J.CANAPA fait état de la proposition de l’Association des Régions de France de participer à la construction d’un ou de plusieurs Lycées en Haïti sur le moyen et long terme. Cette initiative est compatible avec les compétences des régions.
La parole circule ensuite dans la salle et à la tribune :
-La Société du Canal de Provence, avec ses équipes en région PACA et en Haïti, se met à la disposition du collectif pour l’assister dans la mise en œuvre du/des projet(s) régional (aux). Elle insiste sur le caractère très spécifique de cette catastrophe dont les effets ne sont en rien comparables à ceux du tsunami.
- La Croix Rouge 13 indique qu’au niveau international des équipes sont déjà parties et qu’au niveau régional, elle met à la disposition du comité, comme par le passé, et à l’occasion de cet événement, son entrepôt de stockage et de conditionnement de 700 m2.
- La direction des relations internationales du conseil général 13, fait état de la forte implication de l’institution départementale à son plus haut niveau et de la nécessité face à cette situation exceptionnelle d’apporter une réponse exceptionnelle. La démarche doit être progressive et phasée. Des équipes du Service Départemental d’incendie et de secours sont déjà à l’action et seront à même d’apporter des informations en retour nous permettant d’apprécier les besoins afin d’intervenir au bon moment, au bon endroit et sur les bons produits. Cette coordination mise en place par la Région est donc utile pour faire face à l’importance de l’événement.
- Le SDIS 13 précise qu’une quarantaine d’hommes spécifiquement qualifiés pour intervenir au lendemain des séismes sont prêts à partir. Chaque heure qui passe réduit les chances de survie pour les victimes ensevelies. Si l’accord est donné, Le SDIS 13 a la possibilité en quatre heures de regrouper ses personnels et avec l’aide de Protection Civile Sans Frontières qui est à même de gérer les questions de fret, Les équipes peuvent être sur le terrain douze heures après l’ordre de mobilisation.
- L’entente interdépartementale complète cette intervention en faisant état de la capacité des départements du sud de la France de porter cet effectif à soixante personnes de même niveau de compétence. (+20 personnes)
- Protection Civile Sans Frontières finalise cette intervention en quantifiant la partie logistique qui devrait s’élever à une dépense globale se situant entre 150 000 et 200 000 Euros pour l’affrètement d’un avion embarquant une soixantaine de personnes à destination de Port- au- Prince ainsi que matériel d’intervention.
- L’association HUMANITERA qui regroupe des chirurgiens exerçant plusieurs spécialités précise que ses volontaires sont à même d’intervenir si des besoins dans la post-urgence, de chirurgie orthopédique notamment, devaient être satisfaits.
- La Fédération Nationale de la Protection Civile (Section mondiale) dispose de volontaires qualifiés, originaires d’Haïti, capables de participer à une mission d’évaluation et d’intervention médicale, disponibles à partir du 23 janvier.
- Les entreprises du PRIDES EAU se mobilisent pour identifier les matériels de première urgence qui sont aujourd’hui disponibles et se disent prêtent à mobiliser ce matériel à l’occasion des missions mises en œuvre par le Comité de Solidarité notamment.
- Médecins du Monde 13, l’Ordre de Malte 13, Hôpital Assistance international , le Comité de coopération Marseille- Provence, l’association Amitié Solidarité avec les peuples d’Afrique, le Conseil Régional des Jeunes, le Collectif Franco- Haïtien, le Comité départemental pour l’UNICEF, EMMAUS 13, Logistique médicale Marseille, Santé Sud, Terre de Mission Haïti Gémenos, et plus largement tous les membres présents à cette réunion, se disent volontaires pour apporter leur contribution en termes de compétences humaines ou en termes de matériels.
A l’issue de ces discussions, il est acté :
D’organiser dans les heures qui viennent et sous l’autorité des présidents des institutions et de leurs cabinets une rapide concertation sur la capacité du Conseil Régional et du Conseil Général de dégager les financements dans l’urgence nécessaires au transport et aux frais de logistique liés à la mission « SDIS- PCSF »précédemment exposée.
De nous réunir dès lundi 18 janvier afin d’examiner les conditions d’une aide en matériels notamment, en ayant recueilli au préalable le plus d’informations possibles sur les besoins réels que les populations vont rencontrer dans les quinze jours à un mois venir. Il s’agit pour ce faire de solliciter tous nos réseaux respectifs, mais aussi d’obtenir de la part de la cellule de crise du Ministère des Affaires Etrangères toute indication sur:
Le Président Joël CANAPA remercie encore les membres de ce comité pour leur disponibilité. Il indique que toutes propositions, autres que celles ainsi résumées, pourront, bien évidemment, aussi être mises à l’étude, puis il clôture les travaux de cette session.
Annexe :
1998 cyclones Mitch au Nicaragua :
1999 aides aux populations victimes du confit au Kosovo
2000 inondations dans le Sud Ouest de la France
2001 interventions lors des inondations des quartiers de Bab El Oued à Alger
2003 aides aux populations victimes du terrible tremblement de terre en Algérie et au Maroc
2003 actions de solidarité au profit des populations civiles victimes du conflit en Irak
2005 aides aux populations touchées par le raz de marée en Asie du Sud Est
2006 Intervention au bénéfice des populations civiles victimes du conflit au Liban Sud
2009 Actions en faveur des victimes civiles du conflit au Proche Orient
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